La plage de Capbreton ne ressemble pas du tout à cette image. Le rouleau que forme la vague ne s’incurve pas ainsi. Il est impossible de voir à la fois la plateforme d’atterrissage pour les hélicoptères et la jetée reconstruite après la tempête au bout de la plage de Capbreton.

La plage de Capbreton n’est pas du tout comme ça, pas du tout, dans mon souvenir, ni dans celui de la femme au bonnet rouge qui écrit son nom sur le sable.  Pas plus qu’elle je ne saurais dire comment est la plage de Capbreton : il vaut mieux poser la question au jeune garçon qui a grimpé sur l’un des blockhaus qui se délitent là-bas, ou aux surfeurs qui rentrent pieds nus, leur planche sous le bras.

Nous ne nous sommes pas assis ensemble sur la plage de Capbreton et je n’ai pas perdu une boucle d’oreille dans le sable de la plage de Capbreton. Tu n’as pas bousculé les promeneurs pour me rejoindre au bout de la jetée, tu n’as jamais eu peur, jamais tu n’as hurlé : « surtout ne bouge pas, ne bouge pas du tout ! ».

Tu dis qu’il faisait beau ce jour-là sur la plage de Capbreton, mais je sais bien qu’il pleuvait. Depuis, il ne cesse de pleuvoir, mais quand donc cette pluie va-t-elle s’arrêter ?

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2 Comments

  1. ELLE

    — Je n’ai rien inventé.

    LUI

    — Tu as tout inventé.

    ELLE

    — Rien. De même que dans l’amour cette illusion existe, cette illusion de pouvoir ne jamais oublier, de même j’ai eu l’illusion devant Hiroshima que jamais je n’oublierai. De même que dans l’amour. Des pinces chirurgicales s’approchent d’un œil pour l’extraire. Les actualités continuent.

    Marguerite Duras – Hiroshima mon amour – éditions Gallimard 1960

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